Petit historique de la Saint-Valentin

Février est le mois des amoureux. La plupart des rites qui étaient associés à la Saint-Valentin sont maintenant disparus. Autrefois, les amoureux devaient fabriquer eux-mêmes leur carte et composer leur déclaration d’amour. Tout cela se faisait dans l’anonymat…

Au Moyen Âge, on appelait « valentin » le cavalier que chaque fille choisissait pour l’accompagner lors de la fête des « brandons ». Le cavalier devait faire des cadeaux à la fille.

C’est aussi le 14 février que les jeunes filles essayaient de deviner comment serait leur futur mari. Pour cela, elles regardaient les oiseaux : si elles voyaient un rouge-gorge, elles se marieraient avec un marin ; un moineau signifiait un mariage heureux, mais avec un homme peu fortuné, tandis qu’un chardonneret indiquait un mariage avec un homme riche…

L’origine de la Saint-Valentin

En ce qui concerne l’identité de saint Valentin, les historiens ne sont pas d’accord. Au total, sept saints chrétiens prénommés Valentin sont fêtés le 14 février ! Lequel est à l’origine de cette fête ? Mystère !

La plupart des historiens croient que la Saint-Valentin est associée aux Lupercales romaines. Les Lupercales étaient de fêtes annuelles célébrées le 15 février en l’honneur de Lupercus, le dieu des bergers et des troupeaux. Ces fêtes marquaient le jour du printemps dans l’ancienne Rome.

Selon une autre source, Valentin était prêtre de Rome sous le règne de Claude II le Gothique. Arrêté avec d’autres chrétiens pendant une persécution ordonnée par l’empereur, il guérit la fille aveugle de son gardien et convertit tous les membres de la famille au christianisme. Furieux, Claude le fait décapiter (vers 270).

Le calendrier connaît deux autres saints Valentin : un évêque missionnaire en Rhétie, mort vers 440, fêté le 7 janvier, et un dominicain missionnaire au Tonkin, décapité 1er novembre 1861, fêté le 24 novembre.

De nos jours, un amoureux se doit d’offrir un petit mot doux, des fleurs ou du chocolat à sa préférée lors de la Saint-Valentin.

Bonne Saint-Valentin à tous et toutes !

 

Poèmes, citations et lettres d’amour célèbres

Quand on n’a que l’amour

Quand on n’a que l’amour
A s’offrir en partage
Au jour du grand voyage
Qu’est notre grand amour

Quand on n’a que l’amour
Mon amour toi et moi
Pour qu’éclatent de joie
Chaque heure et chaque jour

Quand on n’a que l’amour
Pour vivre nos promesses
Sans nulle autre richesse
Que d’y croire toujours

Quand on n’a que l’amour
Pour meubler de merveilles
Et couvrir de soleil
La laideur des faubourgs

Quand on n’a que l’amour
Pour unique raison
Pour unique chanson
Et unique secours

Quand on n’a que l’amour
Pour habiller matin
Pauvres et malandrins
De manteaux de velours

Quand on n’a que l’amour
À offrir en prière
Pour les maux de la terre
En simple troubadour

Quand on n’a que l’amour
A offrir à ceux-là
Dont l’unique combat
Est de chercher le jour

Quand on n’a que l’amour
Pour tracer un chemin
Et forcer le destin
A chaque carrefour

Quand on n’a que l’amour
Pour parler aux canons
Et rien qu’une chanson
Pour convaincre un tambour

Alors sans avoir rien
Que la force d’aimer
Nous aurons dans nos mains,
Amis le monde entier

Jacques Brel (1956)

Mon rêve familier

Je fais souvent ce rêve étrange et pénétrant
D’une femme inconnue, et que j’aime, et qui m’aime,
Et qui n’est, chaque fois, ni tout à fait la même
Ni tout à fait une autre, et m’aime et me comprend.

Car elle me comprend, et mon cœur transparent
Pour elle seule, hélas ! cesse d’être un problème
Pour elle seule, et les moiteurs de mon front blême,
Elle seule les sait rafraîchir, en pleurant.

Est-elle brune, blonde ou rousse ? Je l’ignore.
Son nom? Je me souviens qu’il est doux et sonore,
Comme ceux des aimés que la vie exila.

Son regard est pareil au regard des statues,
Et, pour sa voix, lointaine, et calme, et grave, elle a
L’inflexion des voix chères qui se sont tues.

Paul Verlaine (Poèmes saturniens).

À Mademoiselle

Oui, femme, quoi qu’on puisse dire
Vous avez le fatal pouvoir
De nous jeter par un sourire
Dans l’ivresse ou le désespoir.

Oui, deux mots, le silence même,
Un regard distrait ou moqueur,
Peuvent donner à qui vous aime
Un coup de poignard dans le cœur.

Oui, votre orgueil doit être immense,
Car, grâce à notre lâcheté,
Rien n’égale votre puissance,
Sinon, votre fragilité.

Mais toute puissance sur terre
Meurt quand l’abus en est trop grand,
Et qui sait souffrir et se taire
S’éloigne de vous en pleurant.

Quel que soit le mal qu’il endure,
Son triste sort est le plus beau.
J’aime encore mieux notre torture
Que votre métier de bourreau.

Alfred de Musset.

C'est le pied